EXI
Existentialisme
Les Yeux de quelqu'un d'autre vous ont enseigné cela.
Il n'y a pas de corps antérieur qui attend derrière le corps actuel comme un prix. Cette version antérieure était aussi choisie, aussi temporaire, aussi assemblée à partir de l'habitude et du hasard et du moment culturel spécifique que vous aviez la chance d'habiter. Quand vous vous entraînez vers lui, vous ne revenez nulle part — vous êtes debout au présent, faisant un choix, sans garantie que l'objectif mérite l'angoisse qu'on y dépense. La question utile n'est pas si le corps peut changer. C'est qui vous a appris à voir ce corps comme un problème en premier lieu. Cette leçon venait de l'extérieur. Elle a été acceptée. Elle peut être examinée. L'entraînement qui vaut la peine de faire se fait contre cela — pas contre le corps qui s'est montré.
“L'existence précède l'essence.”
— Jean-Paul Sartre, L'existentialisme est un humanisme
ISL
Islam
L'intention sous-jacente au travail est tout.
Le corps est une amānah — une confiance tenue temporairement, pas une possession. La différence entre la discipline et la guerre contre soi-même vit entièrement dans la niyyah : l'intention qui demeure silencieuse sous le premier mouvement, avant que les chaussures ne se mettent, avant que le miroir ne soit consulté. Ibn Qayyim al-Jawziyya comprenait que l'orientation du cœur transforme l'acte lui-même — le même jeûne qui purifie une personne en détruit une autre. Reconstruire la force en tant qu'expression de gratitude pour ce qu'Allah a préservé est un acte d'adoration. La reconstruire comme un jugement contre ce qu'Allah a permis — les années, l'adoucissement, le changement — c'est du deuil vêtu des habits de la discipline. Le travail est le même. La niyyah ne l'est pas.
“Les actions sont jugées selon les intentions, et chaque personne aura ce qu'elle a eu l'intention.”
— Hadith, Sahih al-Bukhari 1
ABS
Absurdisme
Le corps que vous aviez est parti. Travaillez quand même.
La réponse honnête est que le corps à vingt-trois ans n'attend pas derrière le corps actuel comme une récompense. Il est parti — spécifiquement, définitivement — de la façon dont un après-midi particulier d'octobre est parti. Aucun programme ne le récupère. La question qui envoie quelqu'un au gymnase à 5 heures du matin pour le chasser est, en ce sens, un petit piège qu'il se tend à lui-même. Mais Camus a compris quelque chose sur les pièges : la réponse à l'absurdité n'est pas la résignation et n'est pas la délusion. C'est la révolte. Le travail de tenter un retour enseigne, avec une précision brutale, exactement ce que ce corps est capable de faire en ce moment. Cette capacité — lacée, en mouvement, refusant de s'arrêter — n'est pas une consolation pour la perte de l'autre corps. C'est sa propre réponse.
“Il faut imaginer Sisyphe heureux.”
— Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe
PHI
Philosophie védanta
Le Témoin n'a pas vieilli du tout.
Trois heures du matin, le miroir de la salle de bain, le scintillement fluorescent qui fait ressembler le visage à un problème exigeant une solution. La question qui vaut la peine d'examiner — non rhétoriquement, mais comme vous presseriez un bleu jusqu'à ce qu'il réponde — est exactement qui se tient là. Celui qui se souvient du corps antérieur n'est pas le corps. Il ne s'est pas adouci. Il n'a pas changé. Il n'est jamais entré dans le temps du tout. Advaita Vedanta n'offre pas du réconfort ici ; il offre de la précision. Le Soi — le témoin derrière celui qui se tient et calcule — est Brahman, indivisé, non-vieilli, non-diminué. Ce Soi n'a pas de photo d'avant. Quand l'enquête est prise au sérieux, le problème du miroir ne se résout pas. Il se voit à travers.
“Je ne suis pas le corps, je ne suis pas l'esprit. Je suis le témoin de tout.”
— Adi Shankaracharya, Vivekachudamani
CYN
Cynisme
Vous ne posez pas une question sur le corps.
Enlevez le programme, les chaussures, la photo d'avant épinglée au réfrigérateur, et ce qui reste est une question qui n'a jamais vraiment porté sur l'entraînement : c'est de savoir si quelqu'un vous regardera à nouveau comme il l'a fait une fois, et si vous vous regarderez vous-même de cette façon. Diogène de Sinope n'avait pas de miroir dans le tonneau parce que le tonneau n'en avait pas besoin. Les Cyniques n'étaient pas indifférents au corps — ils vivaient plus durement dans leurs corps que la plupart — mais ils refusaient de remettre le sens du corps à un public, interne ou externe. Ce qui reste quand le public est retiré est un corps qui respire dans une pièce, sans relief et suffisant, qui ne peut pas être vu clairement tant qu'il est mesuré contre une mémoire.
“Je suis un citoyen du monde.”
— Diogène de Sinope, tel qu'enregistré dans Diogène Laërtius, Vies des philosophes éminents